P. Gourdy*a (Pr)

a UMR 1048 INSERM/UPS et CHU de Toulouse, Toulouse, FRANCE

* pierre.gourdy@inserm.fr

De nombreuses données cliniques et expérimentales ont démontré l’influence favorable des œstrogènes sur la composition corporelle, plus spécifiquement sur la répartition de la masse grasse, et sur différentes voies de régulation du métabolisme glucidique (1). Ces actions bénéfiques impliquent majoritairement le récepteur alpha des œstrogènes (ERα). Les effets directs des œstrogènes sur le système nerveux central modulent la prise alimentaire et la dépense énergétique, tandis que leurs actions sur cibles périphériques renforcent la sensibilité à l’insuline (foie, tissu adipeux, muscle squelettique) mais également la fonction et la survie des cellules pancréatiques β (1, 2). Une influence sur le microbiote intestinal a été plus récemment identifiée.

L’implication des œstrogènes endogènes dans le maintien de l’homéostasie énergétique et glucidique contribue à la moindre incidence des affections métaboliques (diabète de type 2, hépatopathies métaboliques) chez les femmes non ménopausées, par comparaison aux hommes du même âge (2). Après la ménopause, la carence œstrogénique altère la composition corporelle et la flexibilité métabolique, exposant à un risque accru de maladies métaboliques et vasculaires. Chez la femme comme dans les modèles animaux, l’administration d’œstrogènes exogènes permet de contrer efficacement cette évolution métabolique délétère et de réduire de façon significative l’incidence du diabète de type 2 (3). La voie d'administration pourrait influencer leur impact métabolique, l'administration orale pouvant présenter un intérêt en ciblant préférentiellement l'axe entéro-hépatique.

Références :

1- Morselli E et al. Nat Rev Endocrinol 2017;13(6):352-364.

2- Tramunt B et al. Diabetologia 2020;63(3):453-461.

3- Mauvais-Jarvis F et al. Endocr Rev 2017;38(3):173-188.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt.