PY. Benhamou*a (Pr)

a CHU Grenoble Alpes, Grenoble, FRANCE

* pybenhamou@chu-grenoble.fr

L’année 2020 est celle du vrai départ en France de l’insulinothérapie en boucle fermée, représentant un enjeu majeur de formation à cette nouvelle technologie.

Le terme de pancréas artificiel est trompeur car susceptible d’entretenir de faux espoirs. En effet, la première génération de ces dispositifs n’est pas automatique mais hybride. Il s’agit d’une technologie délivrant de l’insuline par une pompe, informée par une intelligence artificielle à la fois impressionnante par les progrès fulgurants récents, mais rudimentaire par rapport aux potentialités annoncées de l’IA. L’algorithme embarqué dans ces premiers dispositifs doit être informé des perturbations métaboliques essentielles : la prise d’une repas ou la pratique d’une activité physique. La participation active du patient est donc requise et conditionne le succès thérapeutique. L’utilisateur, selon les modèles, a accès à des paramétrages permettant d’optimiser l’adéquation entre le comportement de l’algorithme et le profil métabolique du patient. Ces réglages ne sont guère différents de ceux des assistants bolus des pompes traditionnelles : ratios insuline/glucides, sensibilité à l’insuline, objectif glycémique. Certains profils très instables peuvent justifier des paramétrages plus complexes, intégrant la cinétique de l’insuline.

Plusieurs travaux ont montré qu’environ 4 semaines sont nécessaires pour optimiser le résultat métabolique obtenu avec une boucle fermée de première génération. Des travaux faisant appel aux techniques d’IA (réseaux neuronaux) sont en cours pour automatiser ces paramétrages. En attendant, le succès thérapeutique exigera de l’équipe diabétologique de bien cerner les indications, de délivrer une formation adéquate, et d’apporter un accompagnement adapté, notamment pendant les premières semaines d’utilisation.

L’auteur a déclaré le(s) conflit(s) d’intérêt suivant(s) :

membre du conseil scientique de Diabeloop SA