MF. Odou*a (Dr), L. Coppina (Dr), C. Cardot Bautersa (Dr), MC. Vanthygema (Pr)

a CHU de Lille, Lille, FRANCE

* marie-francoise.odou@chru-lille.fr

Environ 10% des hypercalcémies pourraient être d’origine génétique. Il convient de distinguer les hypercalcémies en lien avec une hyperparathyroïdie (HPT) et celles non liées à une HPT. L’origine génétique doit être suspectée surtout si elle touche des sujets jeunes, en cas de contexte familial et/ou syndromique.

Parmi les formes génétiquement déterminées, les HPT primaires syndromiques s’intègrent dans une NEM1 (gène MEN1), une NEM2A (gène RET), une NEM4 (gène CDKN1B) ou un syndrome HPT-Jaw Tumor (gène CDC73).

Les hypercalcémies et HPT non syndromiques peuvent être des formes incomplètes des syndromes précédents ou des hypercalcémies familiales isolées. Si l’hypercalcémie est associée à une hypocalciurie relative, il peut s’agir d’une Hypercalcémie hypocalciurie familiale bénigne (FHH) dont il existe 3 types (FHH1 gène CASR, FHH2 gène GNA11, FHH3 gène AP2S1). D’autres formes liées à des mutations de GCM2, CDKN1A, CDKN2B, CDKN2C et PTH ont été décrites. Des hypercalcémies peuvent également être en lien avec une sensibilité accrue à la vitamine D, dans l’hypercalcémie idiopatique infantile de type 1 ou de type 2 (gènes CYP24A1, SLC34A1). Enfin des hypercalcémies peuvent être secondaires à d’autres maladies rares d’origine génétique impliquant de façon indirecte le métabolisme calcique.

La caractérisation des anomalies génétiques responsables d’hypercalcémies permet de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents, d’adapter le suivi et la prise en charge des patients.

Références :

Cormier C., Joint Bone Spine, 85, 2019

De Paolis E. et al., Clin. Chem. Lab. Med., 57, 2019

Falchetti A., Best Pract. Res. Clin.Endocrinol. Metab., 32, 2018

Chevalier et al., Ann. Endocrinol., 81, 2020

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt.