D. Maiter*a (Pr), P. Chansonb (Pr)

a Service d’endocrinologie et Nutrition, Cliniques universitaires Saint Luc, Bruxelles, BELGIQUE ; b Service d’Endocrinologie et des Maladies de la Reproduction, Assistance Publique, Hôpitaux de Paris, Hôpital Bicêtre et Université Paris-Saclay, Le Kremlin-Bicêtre

* dominique.maiter@saintluc.uclouvain.be

Il s’agira le plus souvent d’un macroprolactinome. Le risque de croissance symptomatique pendant la grossesse d’un macroprolactinome non traité est significatif (20-30%). S’il est proche des voies optiques, la tumeur doit avoir bien diminué sous cabergoline avant la grossesse, permettant de l’arrêter en début de grossesse, sans risque tératogène démontré. L’exérèse chirurgicale du macroprolactinome avant la grossesse est aussi possible et diminue nettement la probabilité de croissance tumorale gravidique (2-3%). Pendant la grossesse, un macroprolactinome symptomatique sera traité par cabergoline. En cas d’échec (ou d’apoplexie symptomatique) la chirurgie est indiquée, plutôt en fin de 2ème trimestre.

Chez une patiente avec acromégalie due à un macroadénome, la chirurgie trans-sphénoidale est recommandée avant la grossesse. En cas d’exérèse incomplète, les analogues de somatostatine sont indiqués et arrêtés dés le diagnostic de grossesse. Le risque de croissance tumorale pendant la grossesse est faible (7%) et les symptômes d’acromégalie diminuent, de même que l’IGF-1. En cas de céphalées sévères ou de croissance tumorale symptomatique, on reprendra les analogues de la somatostatine, sans risque majeur materno-fœtaux. En cas d’échec, la chirurgie s’impose.

Le diagnostic de macroadénome hypophysaire non fonctionnel impose son exérèse chirurgicale avant la grossesse car le risque de nouvelle insuffisance hypophysaire est faible (10-15%) et, au contraire, elle améliore la fonction gonadotrope dans 30% des cas. Quand le diagnostic est fait pendant la grossesse, un geste chirurgical s’impose en présence de symptômes compressifs.

Une grossesse spontanée survient exceptionnellement en cas de macroadénome corticotrope avec maladie de Cushing et est, de toute façon, contre-indiquée.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt.