A. Scheen*a (Pr)

a CHU Sart Tilman Liege, Liege, BELGIQUE

* andre.scheen@chuliege.be

La metformine est l’antidiabétique oral à la fois le plus ancien et le plus utilisé universellement pour le traitement du diabète de type 2 (DT2). Mise sur le marché en 1959, elle a dû affronter dans les années 70-80 la crise de l’acidose lactique avec les biguanides. Elle a résisté en Europe, mais n’est arrivée aux USA qu’en 1993. En 1998, dans l’étude UKPDS, la metformine a été la seule capable de réduire les complications cardiovasculaires dans un sous-groupe de patients obèses avec un DT2 récent. Depuis, elle s’est imposée comme premier choix pharmacologique. Cependant, aucun grand essai cardiovasculaire n’a été programmé avec la metformine, contrairement à ce qui a été imposé par la Food and Drug Administration américaine, dès 2008, pour tout nouvel antidiabétique. Ces essais ont démontré, outre une bonne sécurité, une remarquable protection cardiovasculaire pour les analogues du GLP-1 et pour les inhibiteurs des SGLT2 (gliflozines). Dès lors, chez les patients DT2 à haut risque, la place de la metformine a été challengée par les cardiologues, qui préfèrent recourir à des médicaments ayant apporté les preuves requises en médecine factuelle plutôt qu’à la meformine plébiscitée par les endocrino-diabétologues. Cependant, ces derniers peuvent avancer de nombreux arguments pour le maintien de la metformine en première intention : longue expérience clinique, faible coût, bonne efficacité anti-hyperglycémiante, absence d’hypoglycémie et de prise de poids, traitement de fond dans les essais cardiovasculaires, nombreux effets favorables démontrés ou escomptés (microbiote, cancer) en dehors de la sphère cardiovasculaire, y compris en période COVID.

L’auteur n’a pas transmis de déclaration de conflit d’intérêt.